Quels exercices peuvent arrêter les vertiges ?
Les bons exercices dépendent de la cause du vertige et doivent souvent être appris avec un professionnel de santé.
Le vertige correspond à une sensation illusoire de mouvement ou de rotation de soi ou de l’environnement alors que le corps est immobile. Il ne se confond pas toujours avec l’étourdissement, qui peut être lié à une baisse de tension ou à une déshydratation. Nausées, vomissements, troubles de la marche, acouphènes, oreille pleine et mouvements involontaires des yeux peuvent accompagner la crise.
Le vertige positionnel paroxystique bénin, ou VPPB, provoque des épisodes brefs et intenses lorsque la tête change de position, par exemple en se retournant dans le lit. Les manœuvres de repositionnement peuvent alors aider, tandis que la rééducation vestibulaire vise surtout l’instabilité persistante après une névrite vestibulaire, une maladie de Ménière ou une autre atteinte de l’équilibre.
Quels exercices peuvent arrêter les vertiges ?
Une manœuvre de repositionnement et un exercice de rééducation ne poursuivent pas le même but. La première corrige certains VPPB, alors que les seconds entraînent progressivement la coordination entre les yeux, la tête et le corps.
Les bénéfices attendus sont une diminution des crises positionnelles, une marche plus sûre et une meilleure tolérance aux mouvements. Ils apparaissent avec une pratique régulière, sans chercher à provoquer une crise importante.
La manœuvre d’Epley pas à pas
Pour un VPPB de l’oreille droite, la séquence commence assis sur le bord du lit, la tête tournée de 45 degrés vers la droite. Elle doit être montrée par un médecin ou un kinésithérapeute, car une autre cause de vertige peut rendre cette manœuvre inadaptée.
Allongez-vous rapidement sur le dos, la tête légèrement en arrière, et gardez la position 30 secondes. Tournez ensuite lentement la tête de 90 degrés vers la gauche, attendez 30 secondes, puis roulez le corps sur le côté gauche, le nez orienté vers le sol, pendant 30 secondes. Revenez assis doucement. La répétition quotidienne ne se décide qu’avec le professionnel qui a confirmé le diagnostic.

La manœuvre de Semont expliquée simplement
Semont utilise un déplacement latéral rapide du corps entre deux positions, afin de déplacer les cristaux responsables du VPPB. La direction et le côté à traiter varient selon l’examen clinique. Elle ne doit donc pas être choisie au hasard à partir d’une vidéo.

Les exercices de Brandt-Daroff pour réduire les crises
Assis bien droit sur le lit, basculez rapidement sur un côté, la tête inclinée d’environ 45 degrés vers le haut, comme pour regarder le plafond. Restez 30 secondes ou jusqu’à l’arrêt du vertige, revenez assis, puis répétez de l’autre côté selon le protocole prescrit. Ces exercices peuvent être utilisés lorsque le repositionnement n’est pas retenu, mais leur indication doit être confirmée.
La stabilisation du regard pour diminuer le vertige
Fixez une lettre ou un point placé à bout de bras. Sans perdre la cible des yeux, tournez doucement la tête de droite à gauche, puis de haut en bas. Commencez assis, pendant de courtes séries, et interrompez l’exercice si les symptômes deviennent forts ou persistent longtemps.
Les exercices de proprioception et d’équilibre debout
Le passage assis-debout, la marche le long d’une ligne ou sur un coussin peuvent entraîner les réactions posturales. Une chaise doit rester devant soi et un mur derrière soi. La marche accompagnée est souvent plus sûre qu’un exercice instable improvisé.
Comment suivre un programme progressif de rééducation vestibulaire ?
La rééducation s’installe dans la durée plutôt qu’en une seule séance. Un programme peut associer fixation visuelle, mouvements de tête, transferts, marche et exercices d’équilibre, en fonction du bilan réalisé.
Le livret Balance retraining, développé par Lucy Yardley dans les années 1990 et adapté en français par la Dre Charlotte Hautefort, illustre cette approche à domicile. Il ne remplace pas un diagnostic ni une adaptation individuelle.
À quelle fréquence faire les exercices pour stopper les vertiges ?
Selon le programme proposé par Heel Belgium, trois ou quatre exercices peuvent être réalisés plusieurs fois par jour pendant quatre à six semaines. La fréquence exacte dépend de la cause, de la fatigue et de la réaction aux mouvements. Un léger vertige initial peut survenir, mais il ne doit pas devenir intense ni durable.
Comment adapter la difficulté et progresser au fil des semaines ?
Commencez allongé ou assis, puis passez debout avec un appui stable. Augmentez ensuite la durée, la vitesse des mouvements ou la complexité de la marche, mais une seule variable à la fois. Un journal indiquant la position déclenchante, la durée et l’intensité des épisodes aide à ajuster le programme.
La régularité aide le cerveau à recalibrer l’équilibre, mais la sécurité fixe toujours la limite.
Peut-on pratiquer ces exercices seul à la maison ?
Oui, certains exercices de compensation sont conçus pour être réalisés à domicile, mais une première évaluation reste préférable. Avant Epley, Semont ou Brandt-Daroff, un médecin, un ORL ou un kinésithérapeute doit confirmer le diagnostic et le côté concerné.
Lors d’une première tentative, prévoyez une chaise devant vous, un mur derrière vous et l’aide d’un proche si nécessaire. Pendant une crise aiguë, asseyez-vous ou allongez-vous sur le côté, évitez les mouvements brusques, les écrans et les lumières vives, puis relevez-vous lentement.
Les exercices sont-ils efficaces pour tous les types de vertige ?
Non. Epley et Semont ciblent surtout certains VPPB. La rééducation peut aider après une névrite vestibulaire ou dans l’instabilité associée à la maladie de Ménière, mais elle ne prévient pas nécessairement les crises aiguës de Ménière. Une migraine vestibulaire, une labyrinthite ou une cause neurologique exige une prise en charge adaptée.
Un AVC, une sclérose en plaques ou un neurinome de l’acoustique font partie des causes centrales possibles. Des exercices trouvés en ligne ne peuvent pas distinguer ces situations d’un trouble périphérique de l’oreille interne.
Y a-t-il des risques ou des effets secondaires à ces exercices ?
Un léger vertige transitoire peut accompagner la rééducation, surtout au début. Une crise forte, des vomissements répétés ou une perte d’équilibre importante doivent conduire à interrompre l’exercice et à demander un avis médical.
Quand consulter un médecin plutôt que continuer les exercices ?
Un vertige nouveau, intense, récurrent ou persistant mérite un bilan médical, particulièrement s’il empêche de marcher ou de se tenir debout. Consultez rapidement en cas de baisse d’audition, acouphène inhabituel, céphalée intense, douleur thoracique ou vomissements répétés.
Une faiblesse d’un côté, un trouble de la parole, une vision double, une perte de coordination ou un engourdissement peuvent signaler une urgence neurologique. Appelez les secours plutôt que de poursuivre les exercices.
Quand consulter un médecin plutôt que continuer les exercices ?
Les exercices ne remplacent pas le diagnostic de la cause. Ces réponses donnent des repères généraux, mais un ORL ou un kinésithérapeute vestibulaire peut modifier le protocole selon l’examen.
La manœuvre d’Epley est souvent proposée pour certains VPPB. Elle ne convient pas à tous les vertiges et doit être orientée par le côté atteint.
Après une manœuvre correctement indiquée, le VPPB peut s’améliorer rapidement, parfois en une ou quelques séances. La compensation vestibulaire demande plutôt plusieurs semaines de pratique régulière.
La rééducation destinée à l’instabilité persistante n’est généralement pas commencée pendant une crise aiguë. Asseyez-vous ou allongez-vous, protégez-vous des chutes et demandez un avis si la crise est inhabituelle ou sévère.
Un inconfort léger ou une nausée brève sont possibles au début. Diminuez l’intensité et reposez-vous si les symptômes augmentent, puis consultez si la réaction est forte ou prolongée.
Notez la date des épisodes, leur durée, les mouvements déclencheurs, les symptômes associés et les médicaments pris. Ce journal aide le médecin à distinguer un vertige positionnel d’une autre cause et à décider si un examen comme la VNG est utile.





